LES NAVETTES GRATUITES DE SALIES DE BEARN

 

Article extrait de La Gazette de Salies - n°1 - Décembre 2008

Inaugurées le vendredi 5 septembre dernier, les navettes gratuites de Salies ont terminé leur expérimentation avec un franc succès auprès de la population.

157 personnes transportées par jour.
Un vrai bonheur !


Les navettes gratuites et expérimentales  ont fait le bonheur de bien des Salisiennes et Salisiens. La preuve : près de 160 personnes transportées chaque jour en moyenne ; de tous âges : des personnes à mobilité réduite, des personnes âgées, des mamans avec leurs jeunes enfants, des jeunes, des curistes et des touristes venus goûter le charme de la cité du sel.

De nombreux témoignages :

Merci pour vos très nombreux témoignages d'encouragement à poursuivre l'expérience ; merci pour vos très nombreuses suggestions d'amélioration du service, des  circuits, d'horaires indicatifs à aménager, à afficher, etc.


Parmi ces témoignages sous forme de pétition, de lettres et par coups de téléphone, celui de Madame X qui a souhaité conserver l'anonymat et qui résume bien vos attentes : cette dame nous confie ceci :  “Je suis veuve et je n'ai pas de voiture. C'est très gênant d'être toujours tributaire des autres plusieurs fois par semaine. Alors, après quelque temps, on n'ose plus demander, on n'ose plus déranger… et on reste chez soi… La solitude, Madame, c'est quelque chose de terrible !  Ne voir personne de la journée, attendre la  visite d'une voisine, le passage d'un de ses enfants c'est terrible ! Il faut le vivre pour s'en rendre compte. Depuis que vous avez mis en place la navette, je la prends tous les deux jours pour aller en ville faire des courses ou rencontrer des amies. Je peux enfin sortir de chez moi sans avoir à demander l'aide de mes voisins. Ma vie a changé. La navette, j'y ai cru tout de suite, c'est une formidable initiative appréciée par énormément de monde et de tous les âges : il suffit de la prendre pour se rendre compte qu'elle rend de multiples services à beaucoup de gens et pas qu'aux personnes âgées ! Alors, s'il vous plaît, ne nous laissez pas tomber, continuez ! ".
Madame : nous ne vous laisserons pas tomber ! 

Monsieur le Maire répond à nos questions :

Notre journal : En ville, certains parlent du coût élevé de la navette : qu'en est-il exactement ?

Claude Serres-Cousiné : Dans notre programme, nous avions prévu d'organiser un service de navettes gratuites pour faciliter les déplacements des personnes âgées ou à mobilité réduite, des mamans avec poussettes etc. Il n'était pas pensable d'acheter des véhicules sans connaître l'impact de ce nouveau mode de transport auprès des Salisiens. Si les navettes n'avaient pas fonctionné, il aurait fallu les revendre au bout de deux mois : ce n'aurait pas été très sérieux !

Une étude “papier ", envisagée au départ, se serait révélée très incomplète dans une ville qui n'a jamais été équipée de transport en commun municipal. Je me suis donc tourné vers une expérimentation en vraie grandeur, sur les conseils de spécialistes de la ville de Bayonne venus sur les lieux pour nous aider dans nos démarches. Il fallait agir vite, avant la fin de la saison.


L'ATCRB comportait toutes les garanties de sérieux et d'expérience nécessaires. Cette société nous a loué ses services clés en main, c'est-à-dire : location de trois véhicules (deux électriques et un thermique), fourniture des chauffeurs, frais d'entretien et d'assurances pour la somme de 28 000 € HT. S'ajoutent à ces frais : l'étude de faisabilité des circuits, proposés par le comité consultatif, le panneautage des stations, l'étude de leur fréquentation, la communication et enfin le bilan de l'expérimentation pour une somme de 11 000 € HT, soit un total de 45 000 € TTC.


Notre journal : Pour une durée d'un mois ?

Claude Serres-Cousiné : Non, pas exactement. Pour affiner l'étude, l'ATCRB et moi-même avions prévu d'étaler l'expérience sur le mois suivant en adaptant les véhicules et les circuits. Cette prolongation, prévue dans nos accords, s'est confirmée nécessaire pour consolider le projet. Elle n'a pas occasionné  de frais supplémentaires : elle est comprise dans le prix initial : ce complément d'expérience est gratuit si vous préférez.


Notre journal : L'expérimentation des deux mois est terminée, quelles sont les premières conclusions de l'expérience ?


Claude Serres-Cousiné : Les premiers résultats de l'expérience en vraie grandeur nous confortent dans l'idée que ce service est indispensable dans notre ville puisque les gens l'ont très bien accueilli : près de 160 personnes transportées chaque jour. Cette expérience nous a permis également de collecter les observations des usagers pour améliorer le système.


Notre journal : Quelles sont ces observations ?


Claude Serres-Cousiné : Celle qui revient le plus souvent est la demande d'affichage des horaires de passages aux stations. Cet affichage aura pour effet immédiat d'augmenter la fréquentation de la navette. Seconde observation : nous avons une forte demande pour les cimetières et l'avenue des Pyrénées. De nouvelles stations seront ajoutées, les circuits seront donc revus et adaptés.


Notre journal : Pourquoi les quartiers ne sont-ils pas desservis ?


Claude Serres-Cousiné : C'est un aspect que nous avons promis, souvenez-vous dans un deuxième temps. C'est donc envisagé. L'installation de la navette doit se faire progressivement. Tout faire d'un bloc sans garantie de fonctionnement correct et de bonne fréquentation eût été très décevant pour les usagers et  financièrement extrêmement imprudent pour la Municipalité. Je  l'ai dit plus haut.


Nous avons donc choisi de procéder par étapes successives : le centre ville tout d'abord pour corriger en priorité les mauvaises habitudes de stationnements sauvages qui gênent  la circulation et l'accès aux commerces salisiens. Je souhaite que chacun fasse preuve de civisme à ce sujet. Nous voulons  inciter le maximum de personnes à laisser les voitures sur les parkings et à se rendre au centre ville en navette.


Quand le centre sera desservi, nous expérimenterons progressivement les quartiers pour évaluer les jours et les fréquences de passage les plus favorables.


Notre journal : Vous semblez nous dire que la navette sera définitivement mise en place ?


Claude Serres-Cousiné  : Je ne semble pas le dire : c'est une certitude : la navette sera mise en place de façon définitive.  C'était une priorité de notre programme. Reste à déterminer avec quels véhicules. Nous optons pour l'achat d'un, puis de deux véhicules d'occasion de vingt-deux places à moteurs thermiques dernière génération compte tenu de l'envolée des prix des navettes électriques passées de 150 000 € à 230 000 € en huit mois.


Notre journal : Sur quels circuits et avec quels horaires ?


Claude Serres-Cousiné : Le comité consultatif travaille déjà sur les  résultats de l'expérimentation et affinera ses propositions  au vu des besoins et des suggestions des usagers. Continuez à nous écrire, à faire des suggestions, une urne est à votre disposition à la Mairie : exprimez-vous. Sachez qu'il y a même une pétition qui a circulé spontanément, vers la mi-septembre, pendant trois jours, pour que la navette soit maintenue : elle a recueilli 150 signatures.


Notre journal : Quand prévoyez-vous cette mise en service définitive ?


Claude Serres-Cousiné  : Notre souhait serait pour le tout début du printemps prochain. Tout dépendra de la disponibilité des véhicules que nous choisirons et du mode de fonctionnement que nous adopterons : pour l'instant, nous n'avons pas de chauffeurs ayant le permis D dans l'équipe des employés de la ville. Nous demanderons donc pour commencer à des entreprises locales de nous “louer” ce personnel le temps de trouver une solution en interne.


Notre journal : Quel écho a eu la réunion publique du 29 octobre ?


Claude Serres-Cousiné : Un écho excellent. Dommage que seulement une centaine de personnes se soient déplacées. Chacun a pu mesurer ce soir là notre volonté de dialogue avec la population et la transparence de nos dossiers.
Nous avons tout “mis sur la table” et engagé le débat avec le public par un jeu de questions / réponses.

 

Notre journal : Quelle question retiendrez-vous comme la plus importante à vos yeux ?


Claude Serres-Cousiné : Ce n'est pas à proprement parler une question, mais plutôt une réflexion et nous l'avons relevée tous les deux :  mon adjointe à l'action sociale et moi-même. Un Monsieur nous a dit ceci : si les navettes avaient été mises en place bien avant 2008, vous auriez pu éviter à mes parents quelques années de maison de retraite et ils seraient encore parmi nous aujourd'hui.


Je crois que c'est là un bel hommage à l'action sociale que nous menons. “La navette brise la solitude et la dépendance. "

Témoignage de Françoise Lavielle  Adjointe aux Affaires Sociales :

“Oui, nous continuerons. En apportant toutes les améliorations nécessaires bien entendu. Les deux  premiers mois de fonctionnement étaient destinés à tester deux types véhicules et deux circuits. Cette expérience est par définition forcément imparfaite. Continuez à nous écrire, donnez-nous vos avis. Le comité consultatif étudie des solutions pour assurer, par une extension et une amélioration du réseau, un service plus complet, mieux réparti et touchant progressivement un plus grand nombre de bénéficiaires. Amener au cœur de la ville, les personnes âgées ou à mobilité réduite qui n'osaient plus se déplacer  c'est aussi une manière pour elles de garder le contact avec  la vie quotidienne : la navette brise la solitude et la dépendance.


La navette est un véritable service aux personnes. C'était une des trente-trois priorités de notre programme, nous ne changerons pas de cap. Ce que nous avons promis sera réalisé.


Certes, il y a des impatiences mais, nous ne sommes à la mairie que depuis huit mois et regardez comme les choses ont changé. Beaucoup de personnes nous disent avoir retrouvé l'espoir parce que lorsqu'elles s'expriment nous les écoutons et  nous occupons vraiment d'elles. “Nous avons de la chance ! ".


J'ai pris les navettes à plusieurs occasions et pour mieux me rendre compte de la réalité du service à la personne. Un jour, j'étais tout à fait à l'avant, dans la grande navette, devant le pont Loumé, le chauffeur s'arrête et me montre la petite navette arrêtée juste devant. Le chauffeur, une des deux jeunes dames, en était descendue pour aller chercher une personne âgée qui attendait, assise sur le banc près du monument aux morts, et l'aider à monter dans sa navette.


A côté de moi quelqu'un, une dame, voyant la scène me dit : “Madame, regardez ! Dans d'autres villes, vous ne verrez jamais cela : le chauffeur descendre pour aller chercher une personne qui a des difficultés pour se déplacer ! Vous ne pouvez pas savoir la chance que nous avons ici, dans notre petite ville ! "

 


Documents PDF :
Circuit et horaires de la navette gratuite sur Salies-de-Béarn A COMPTER DU 06 JUILLET 2015