Dossiers - Richesses et Patrimoine

Le Sud-Ouest fait les éloges de Salies-de-Béarn

Le plus grand quotidien régional nous gratifie d'un long et agréable article sur notre cité salisienne. Bravo à Mr Jean-Jacques Nicomette qui parle aussi bien de Salies !


Salies, une Béarnaise unique

 

On dirait le tableau d'un peintre impressionniste. Une balade, entamée au hasard des rues médiévales de Salies-de-Béarn, c'est d'abord un bouquet de couleurs, une symphonie de pétales : du rouge, du vert, du jaune, du mauve, du blanc... Ici, la pierre et les fleurs se marient à chaque coin de rue. Et la noce ne cesse de s'étirer de quai en place, de venelle en impasse. Comme si une armada de jardiniers avait pris possession de la cité.

 

Rue Loumé, au coeur d'un vieux quartier édifié « en escargot » autour de la place du Bayaà, qui recouvre aujourd'hui la Fontaine salée ayant fait la réputation (et la richesse de la cité. Andrée Lauga ne vient pas dire le contraire.

 

Depuis belle lurette, la voie piétonne où celle-ci habite s'est transformée en concours horticole permanent. « Tous les riverains se sont pris au jeu. Quand quelqu'un emménage dans la rue, c'est presque devenu une obligation de fleurir sa façade. »

 

Ici, les bougainvilliers côtoient les pensées, les pivoines, donnent la réplique aux lauriers roses, et les fuschias rivalisent avec les rosiers sous des porches où quelques dates gravées rappellent l'âge vénérable des demeures. Les plus jeunes affichant gaillardement les deux siècles d'existence

 

Venus de partout

 

Un voyage dans le passé qui séduit d'ailleurs bon nombre de visiteurs, attirés par une ville dont la qualité de l'eau - huit fois plus salée que celle de la Mer Morte - était bien avant l'époque romaine. Dès l'âge de bronze, sa source était exploitée.

 

Préservée par le temps, Salies voit ainsi défiler des hôtes venus de partout. Rue des Voisins, un tableau noir installé sur la devanture d'un restaurant, et sur lequel les clients sont invités à écrire quelques mots dans leur langue, en témoigne : en russe, en indien, en anglais, en allemand... Chacun y va de son commentaire. Et Laurent Genestet, le propriétaire des lieux, sourit. Avant de remarquer que les Québécois sont plus nombreux que de coutume cette année.

 

Le 400e anniversaire de la fondation de leur province, à laquelle participèrent, jadis, nombre de Béarnais, doit, sans doute, y être pour quelque chose.

 

Des peintres et des hôtels

 

Quelques pas de plus, et le Saleys se franchit par le pont de la Lune. Étonnante rivière que celle-là, boueuse, colérique et gonflée comme une outre l'hiver, réduite l'été à un modeste cours d'eau que canalise un sillon bétonné traversant la cité, au pied de belles maisons à colombages, dont certaines ont été juchées sur pilotis. Une autre occasion de balade insolite, dont aucune autre commune du Béarn ne peut se targuer.

 

Dans cette ville où bon nombre d'artistes trouvent toujours un lieu pour planter leur chevalet ou exposer leurs oeuvres, comme c'est souvent le cas à l'Oustau dou Saleys, il est rare également de ne pas croiser un peintre penché sur sa toile.

 

L'un d'eux, Didier Lorillo - dont les oeuvres se promènent de Suisse à New York - a même décidé de s'installer sur place, rue de l'Église. Sur un coup de coeur. « Salies, c'est un havre de paix. Et les gens sont adorables », confie son épouse Dominique. Le même argument devait être employé à la fin du XIXe siècle, lorsque la vogue des thermes amenait en Béarn bien des célébrités, parmi lesquelles Rosita Mauri. Une célèbre danseuse immortalisée par un tableau de Degas et dont une villa - aujourd'hui abandonnée - rappelle le souvenir, à côté des vestiges de l'ancien et imposant Hôtel de France et d'Angleterre.

 

Un édifice dont l'état délabré ne manque pas d'attirer l'attention des promeneurs, à deux pas d'un autre témoin de ce passé luxueux : l'Hôtel du Parc. Rénové, celui-ci a eu l'intelligence de préserver, autour des machines à sous d'un casino, les magnifiques boiseries qui ont marqué le lustre de sa jeunesse. À lui seul, son hall est aussi un but de promenade. Confort cosy et ambiance cosy. L'insolite, toujours.

 

« Autrefois, chaque maison de Salies-de-Béarn possédait un atelier de façonnage du sel. Une cheminée équipée de poêles chauffés par un feu de bois permettait de le produire à partir de l'eau que les gens allaient puiser dans la fontaine du Bayaà », explique Jean-Pierre Douay, l'intarissable agent d'accueil du Musée du sel et des traditions béarnaises, aménagé rue des Puits Salants.

 

À une époque où il constituait une denrée aussi rare que précieuse, le sel a ainsi permis à de nombreuses familles salisiennes de disposer d'une source appréciable de revenus. Et il a donné son architecture particulière à la ville : toute une série de ruelles ayant été aménagées depuis le Moyen-Âge pour permettre aux porteurs de seaux d'eau salée de circuler plus facilement.

 

Produit depuis 1848 dans une usine saline, le sel de Salies continue, aujourd'hui, à être exploité par 500 parts prenants, copropriétaires de la Fontaine salée. Tous les ans, près de 1 500 tonnes en sont ainsi produits. Ce sel très sec est utilisé, essentiellement, pour réaliser le jambon de Bayonne. Depuis l'année dernière, un contrat a également été signé avec les producteurs de jambon d'Aoste.

 

Le musée où Jean-Pierre Douay officie, fournit aux visiteurs une multitude d'anecdotes (y compris sur la tradition d'ébénisterie de Salies et ses meubles ajourés).

 

Ouvert du mardi au samedi, de 15 heures à 19 heures. Entrée adultes 4 €, enfants de 6 à 12 ans, 1 €. La Saline se visite le lundi à 14 h 15. La visite des thermes est proposée dans la foulée. Inscription à l'Office de tourisme, rue des Bains, tél. 05 59 38 00 33. Entrée gratuite.
 




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